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En finir avec la modestie

À qui ça profite quand vous doutez de votre valeur ?

Par Mathilde Jadaud · · 6 min de lecture

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avec ma voix · 9 min

Je coache depuis 4 ans des entrepreneuses brillantes. (Vu le propos du jour, je vais genrer cet article au féminin.)

Il y a un sujet qui revient sans cesse : la crédibilité.

  • “J’ai fait X réussites mais je ne peux pas promettre que ça marchera pour tous mes clients”
  • “je ne sais pas si je suis vraiment prête pour [insérer ici le nouveau challenge]”
  • “qui suis-je pour augmenter mes tarifs / aller démarcher telle entreprise / intervenir dans telle conférence…”

Pourtant

  • Une de mes clientes a trouvé 10k de pertes à cause d’une mauvaise automatisation chez un gros client
  • Une autre publie son 3ème livre en maison d’édition et a reçu récemment un trophée pour son travail
  • Une autre a permis d’économiser 10k annuel de facture d’énergie chez un client
  • Une autre encore vient de racheter une entreprise avec beaucoup d’ambition

Et la liste continue…

Alors je m’interroge : pourquoi ces femmes brillantes ont-elles autant de doutes sur leurs compétences ?

C’est là que je suis tombée sur une vidéo passionnante de Banger Littéraire (Tatiana Lente), qui pose un angle que je n’avais jamais vu : à qui profite notre modestie ?


Dans cet article :

  • Vous êtes humble ou modeste ?
  • La modestie est un outil de domination
  • 3 étapes pour en finir avec la modestie
  • La BD de la fin

Vous êtes humble ou modeste ?

Tatiana ouvre sa vidéo sur une séquence de Kylian Mbappé.

Il explique qu’il avait été préparé à la célébrité, mais qu’il a atteint maintenant un niveau de célébrité hors norme auquel il ne s’était pas préparé.

Les gens dans les commentaires l’accusent d’avoir pris la grosse tête et de ne pas être humble.

Tatiana cite alors Maya Angelou :

“l’humilité vient de l’intérieur, c’est ce qui te rend honnête. Mais je n’ai pas de modestie, la modestie est dangereuse.”

  • Modestie vient du latin modestus : mesuré / modéré / discret
  • Humilité vient de humus : la terre

Être humble, ce n’est pas nier ce qui est exceptionnel. Être humble, c’est avoir les pieds sur terre. Être conscient de ses qualités et reconnaître son niveau de succès. C’est de l’honnêteté.

Etre modeste par contre, c’est se faire petit / discret. Vous voyez venir la douille ?

Par instinct, on a du mal à regarder nos réussites et nos succès.
Je ne sais pas vous, mais j’ai souvent cette voix dans la tête qui me dit “oui mais”.

  • Oui, X t’a recommandée auprès de son réseau … mais en vrai c’était par gentillesse et il n’avait personne d’autre à proposer
  • Oui, Y a rempli son agenda de client·es depuis qu’elle bosse avec toi … mais en vrai c’est possible que ce soit juste le hasard
  • Oui, Z t’a proposé d’animer une formation devant ses salariés … mais c’est qu’il n’a pas encore découvert que tu n’es qu’une imposture et que d’autres le feraient bien mieux

Oui … Mais.

Mais d’où elle vient, cette petite voix “oui mais” ?

C’est là que Tatiana amène une réflexion que je voulais absolument vous partager :

À qui profite l’injonction à la modestie ?

Parce qu’il existe un véritable enjeu de domination et de pouvoir dans le fait de ne pas savoir ce que l’on vaut.

La modestie est un outil de domination

Tatiana cite Aimé Césaire, écrivain et homme politique français de Martinique, qui a passé des nuits à réfléchir sur ce sujet.

La domination commence souvent par une confiscation de l’image qu’on a de soi-même. Et c’est vrai quel que soit le groupe social discriminé.

L’histoire de la colonisation commence par le fait de répéter à certains peuples qu’ils sont moins intelligents, moins capables, moins humains. Le répéter encore, puis encore, jusqu’à ce que cette fiction leur semble être la réalité.

Pour les femmes, c’est la même chose : si elles ne pouvaient pas voter, c’est qu’elles n’étaient pas assez intelligentes et trop faibles.

En d’autres mots, l’histoire est peuplée de gens dont on a profité justement parce qu’ils ignoraient leur propre valeur.

Et à présent les circonstances ont changé : je peux porter des pantalons et ouvrir un compte en banque. Mais …

Lors d’une conférence à Go Entrepreneure l’an dernier, l’une des intervenantes expliquait qu’aujourd’hui encore les femmes demandent moins d’argent que les hommes pour leur levée de fonds.

Alors est-ce que pour autant je n’ai pas intériorisé cette infériorité ? Comment on s’en défait vraiment ?

3 étapes pour en finir avec la modestie

Après toutes ces réflexions, j’ai compris quelque chose : ignorer votre valeur continue de nourrir un système de domination.

Alors j’ai décidé de faire ma part. Voici les 3 choses que j’ai mises en place et que je partage à mes coachées :

1. Le tableau des preuves

Un tableau où je consigne toutes mes preuves de crédibilité, c’est-à-dire tous les succès que j’ai pu avoir depuis le début de mon entreprise.

Il y a plein de trucs dedans : des retours clients / des chiffres de CA / des avant/après clients / des invitations à donner des formations / des contacts que je n’aurais pas imaginé avoir, etc.

Pour mes coachées, c’est devenu l’un des piliers de l’accompagnement : le constructeur de crédibilité.

2. L’ancrage

C’est bien joli de consigner les réussites, mais si je veux éviter la petite voix “oui … mais”, il va falloir que j’y croie plus fort.

Tous les mois, je retourne voir mes preuves de crédibilité et je m’imprègne de tout cela. Oui, c’est moi qui ai accompli ça. Et ce n’est pas avoir le melon que de le savoir et de le partager.

L’humilité, c’est ce qui permet de rester honnête, mais la modestie m’invite à rester petite, discrète et profite au dominant. Je n’ai pas à être modeste.

Avec mes coachées, c’est aussi une grosse part du travail. Je leur remontre souvent leurs succès, je leur rappelle ce qu’elles ont accompli et je leur montre comment en parler naturellement dans une conversation. En restant honnête, mais en acceptant que ces succès, c’est aussi leur réalité.

3. L’alter ego

Quand c’est la cata et que je suis en crise de “je suis une imposture, tout le monde va le découvrir”, je pense à Quentin.

Entrepreneur sorti d’école de commerce que j’ai rencontré en incubateur.

Quand j’avais planché des dizaines d’heures sur mon projet pour me sentir légitime d’être là, lui ne savait pas trop quelle boîte il allait lancer, mais il ne doutait pas du touuut de sa légitimité. Et dans les mois suivants, il est venu me prospecter en boucle sur Instagram.

Bon.

Et si j’étais Quentin et que je ne doutais pas du tout de ma crédibilité là, je ferais quoi ?


Conclusion

“La prochaine fois qu’on vous reproche de connaître votre valeur, posez-vous une question simple : à qui profiterait votre ignorance ?” C’est ainsi que Tatiana conclue sa vidéo.

Apprenons à accepter de briller.

J’ajouterai que l’une des choses qui porte mon travail c’est de porter plus loin des femmes qui excellent dans leur travail. Ça passe d’abord par developper leur capacité à raconter leur succès et à se mettre en avant.

Quand vous saurez briller, les plus grandes opportunités de votre carrières arriveront par votre réseau.

Il reste 2 places pour le coaching 1:1 avant fin 2026. Si vous embarquez maintenant, d’ici quelques mois, vous aurez :

  • une confiance absolue pour parler de vous
  • des opportunités (conférences, interviews, clients, séminaires…) qui arrivent de votre réseau par recommandations
  • un actif digital pour soutenir le présentiel (newsletter / podcast / YouTube / blog…)

Si vous hésitez, la première étape c’est de réserver un appel découverte ici pour évaluer si c’est le bon moment et le bon format pour vous.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout 🍋 ! J’espère que cet article vous a plu. Si c’est le cas vous pouvez m’écrire, c’est toujours un plaisir de vous lire pour avoir vos réactions !


La BD de la fin

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