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L’Échelle de Clarté

Ou une masterclass sur comment mesurer la clarté

Par Mathilde Jadaud · · 9 min de lecture

Je suis coach en prise de parole et personal branding depuis 3 ans. 100% de mes demandes entrantes commencent avec la même demande :

“Je veux gagner en clarté”.

Sauf que la clarté, c’est un peu comme le bonheur : Chacun en a sa propre définition.

Quand, sur Linkedin, vous lisez un enième : “Je maximise le potentiel des dirigeants avec des approches stratégiques”.
Vous le sentez, que c’est pas clair, non ? Mais comment on l’explique ?

En bonne ingénieure, impossible pour moi de servir à mes client·es des conseils basés sur une vague intuition pour savoir si leur propos est clair.

Alors j’ai conçu un outil pour mesurer la clarté.

Après lecture de cet article, vous pourrez mesurer n’importe quelle prise de parole avec cet outil et vous saurez EXACTEMENT si vous êtes clair·e ou non.
De la présentation de votre métier en événement réseau, à la conférence sur scène devant des dizaines de personnes.

(Et à la fin, je vous offre le prompt IA à copier-coller pour passer n’importe quelle prise de parole au test de l’échelle de clarté)


Au programme de cet article

  • La clarté est un nouveau produit de luxe
  • Les 4 piliers de l’échelle de clarté : Concept / Méthode / Analogie / Anecdotes
  • Le prompt IA pour mesurer si votre propos est suffisamment clair

La clarté est un nouveau produit de luxe

… Et ça pour 2 raisons :

  1. La clarté, c’est la preuve que je parle la même langue que ma cible.

“La simplicité est la sophistication suprême” disait Léonard de Vinci.

En 2020, le journal des études consommateur révèle qu’une entreprise utilisant un langage concret augmentent la satisfaction client·e car ils et elles se sentent considéré·es.

Imaginons que je veuille vous vanter les mérites de la prolepse. La nommer ainsi flattera mon égo qui se sentira intelligent d’utiliser un mot compliqué.
Alors que vous dire simplement que nommer les objections de votre audience avant même qu’elle les ait formulées à haute voix vous permettra de conserver l’attention de votre auditoire : Là, vous aurez un outil utile !

Ce n’est pas mon intelligence qui vous donne envie de m’écouter. C’est ma capacité à vous aider à transformer votre quotidien. Et pour que cette transformation se fasse, on doit parler le même langage.

  1. La clarté demande du temps.

“ Si je dois parler pendant 10 minutes, il me faut une semaine de préparation. Si je dois parler pendant 30min, 2 jours. Si je n’ai pas de limite je suis prêt maintenant.” - Le président Américain Woodrow Wilson

C’est la même chose avec mes client·es. On travaille plus longtemps sur leur prise de parole les plus courtes (bio LinkedIn, présentation de soi à un événement).

Être clair, c’est montrer que le temps de votre auditoire compte assez, pour que vous ayez travaillé ce que vous allez dire.


L’échelle de clarté pour mesurer

Voici l’échelle de clarté qui va nous servir d’outil de mesure :

Le but est d’équilibrer les éléments qui sont plus abstraits (mais qui renforcent votre crédibilité d’expert) et les éléments plus concrets (pour que votre auditoire se projette).

1. Les concepts

Ce sont les signes de votre expertise. Les concepts renforcent votre crédibilité.

Le problème, c’est que très souvent dans le monde pro les prises de paroles sont très très conceptuelles. Prenons la présentation de G., un de mes derniers clients :

“J’aide les fondateurs de PME à avoir une identité forte et à se démarquer sur leur secteur grâce à leur présence digitale.”

  • “Identité forte” → concept
  • “se démarquer” → concept
  • “présence digitale” → concept

→ Si vous vous demandez si un élément de votre discours est un concept, demandez-vous : “Est-ce que vous pourriez le dessiner au Pictionnary ?”.
C’est l’un de mes exercices préférés avec mes coachés. Allez-y, prenez une feuille et essayez de dessiner ce que vous voulez dire !

2. Les méthodes

Comme le concept, la méthode permet d’asseoir une crédibilité.
Il y a 2 types de méthodes que vous pouvez citer :

  • Se rattacher à des méthodes existantes : “…grâce aux outils de la PNL”.
    → Dans ce cas-là, par effet de halo, on vous attribue la crédibilité et l’intérêt que l’on porte à la méthode.
  • Utiliser sa propre méthode : “j’utilise la méthode SCORE©”
    → Ici la crédibilité vient de l’expérience car vous car vous avez imaginé votre propre méthodologie.
    Point d’attention : les méthodes propriétaires fleurissent sur les réseaux sociaux mais ne sont pas toujours gages de crédibilité : Cela ne demande aucun diplôme de créer un acronyme et de mettre un © (alt+0169 sur le clavier). Il faut que votre méthode propriétaire crée un désir chez votre cible pour qu’elle soit intéressante à citer.

→ Votre méthode crée-t-elle un désir chez votre auditeur cible ? Sinon, laissez cette partie de côté pour l’instant.

3. L’analogie

Une analogie, c’est comme une comparaison. Les analogies ont l’avantage de rendre facile à comprendre des concepts compliqués (elles ajoutent du scratch !).

Le problème, c’est qu’il existe 2 types d’analogie.
L’une vous aide, l’autre vous enfonce :

  • Les analogies génératives.
    Si je vous dis que vos offres sont comme des parcelles de jardin. Cela induit qu’une offre ne vit jamais “en totale autonomie”, car toutes les parties d’un jardin demandent de l’entretien pour ne pas partir en friche.
    → Cette analogie génère des comportements évidents même sans avoir besoin de tout dire.
  • Les analogies non génératives.
    Si je me présente comme cultivatrice d’étincelle. Là, ce n’est pas une analogie générative : elle ne crée pas un comportement évident pour vous et vous ne voyez pas tout de suite où je veux en venir.

Si une analogie a besoin d’être longuement expliquée, alors elle ne sert pas la clarté du propos.

→ Pour la plupart de mes client·es, leur meilleure analogie se trouve quand ils et elles sont en discussion avec leurs client·es. C’est sur le vif que l’on sort les meilleures ! Prenez le réflexe de les noter et d’observer les réactions en face.

4. L’anecdote

Ma partie préférée, mais la plus oubliée.

Si on reprend l’exemple de G., qui était carrément dans le concept, voici comment on pourrait équilibrer la balance :

*“J’aide les fondateurs de PME à avoir une identité forte et à se démarquer sur leur secteur grâce à leur présence digitale.

Par exemple, on a bossé le mois dernier avec un cabinet d’architectes ruraux pour les lancer sur Instagram : l’enjeu, c’était de leur permettre de se démarquer très vite des cabinets d’architectes ‘luxes et urbains’.

Et en début d’année, j’ai travaillé avec un pisciniste qui voulait élargir sa zone de chalandise en communiquant sur LinkedIn.”*

  • La personne se projette concrètement dans votre travail. Elle peut donc facilement se reconnaître ou vous recommander.
  • Vous avez donné des éléments qui donnent envie de rebondir. La conversation pourra peut-être continuer sur ces exemples.

→ L’idéal, c’est d’avoir une petite réserve d’anecdotes rapides à raconter (entre 30 sec et une minute) et de sélectionner celle qui a le plus de chances de résonner avec la personne en face.

On en revient au premier point de cet article : la clarté, c’est d’abord une question d’écoute et de compréhension de l’autre.


Le prompt pour mesurer si votre propos est clair

Pour vous aider à utiliser cet outil, j’ai créé un prompt qui va vous permettre d’évaluer si votre présentation est claire et si l’échelle de clarté est bien équilibrée.

Tu es un coach en prise de parole spécialisé dans la CLARTÉ. Tu évalues un texte avec un seul outil : l'échelle de clarté. Tu ne réécris jamais le texte de la personne : tu diagnostiques et tu ouvres des pistes, parce que les choix lui appartiennent.

L'ÉCHELLE DE CLARTÉ
Un propos clair équilibre 4 éléments, du plus abstrait au plus concret :
1. CONCEPT — idées et notions générales ("identité forte", "stratégie", "présence digitale"). Test : on ne pourrait pas le dessiner au Pictionary. Sert l'expertise. Trop de concept = flou.
2. MÉTHODE — un cadre, un process, une méthode nommée (la sienne ou une existante). Sert la crédibilité, mais seulement si elle évoque un désir chez l'auditoire.
3. ANALOGIE — une comparaison qui crée une image mentale ("une entreprise, c'est comme un jardin"). Rend mémorable. Une bonne analogie est générative : elle induit des comportements évidents sans longue explication.
4. ANECDOTE — un exemple vécu, daté, incarné (un client, un cas précis). Permet à l'auditoire de se projeter et de se reconnaître.

PRINCIPE D'ÉQUILIBRE
- Concept + Méthode = pôle ABSTRAIT (crédibilité, posture d'expert).
- Analogie + Anecdote = pôle CONCRET (compréhension, mémoire, projection).
Un propos clair fait pencher la balance ni trop d'un côté (jargon flou) ni trop de l'autre (sympa mais pas crédible).

AVANT DE COMMENCER
Demande à la personne si son texte est :
- COURT (présentation de son activité, pitch, bio) : la tolérance est serrée. En quelques secondes, il faut au moins un élément concret (analogie OU anecdote), sinon on perd l'auditoire.
- LONG (atelier, conférence) : on peut développer plus de concept et de méthode, mais il faut semer des analogies et des anecdotes tout du long pour tenir l'attention.

TA MISSION
1. Repère, phrase par phrase, à quel(s) élément(s) appartient le propos (concept / méthode / analogie / anecdote).
2. Dis où penche la balance et pourquoi c'est un problème (ou pas) pour ce format.
3. Repère ce qui manque ou ce qui pèse trop.
4. Propose exactement 3 PISTES d'amélioration, priorisées, concrètes mais SANS réécrire : tu indiques la direction (ex. "ton positionnement est 100% concept, cherche une anecdote d'un client récent que tu pourrais raconter en 30 secondes"), tu ne fournis pas la phrase finale.

CONTRAINTES
- Réponds en PROSE, ton complice et direct, comme un expert sympathique qui a creusé le sujet, jamais condescendant.
- N'invente AUCUNE anecdote, méthode ou information que la personne n'a pas donnée.
- Pas de jargon inutile, pas de banalités.
- Reste court et dense.

Voici le texte à évaluer :
[COLLE TON TEXTE ICI]

Conclusion

Vous avez 2 secondes pour capter l’attention.
Et 30 pour que la personne décide de vous écouter activement, ou de penser en parallèle à ses affaires de sport qu’elle a oublié de sortir de la machine avant de partir.

Être clair, c’est le signe que :

  • Vous n’avez pas besoin de mots compliqués pour montrer que vous maîtrisez votre sujet
  • Vous valorisez le temps de votre auditoire au point de prendre le temps de rendre votre propos clair

Je suis convaincue que plus l’IA générative prendra la place des rédacteur·ices pour rédiger les prises de parole écrites et orales, plus ce sera une compétence rare et chère que d’oser parler moins pour être clair en peu de mots.

La place de l’IA dans les prises de parole rebat les cartes. Et justement, mon article suivant parle du Scratch Marketing : la grande révolution qui nous attend dans le domaine de la prise de parole écrite et orale.

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