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Exercice de la Carte Narrative

La méthode de storytelling pour construire une posture de leader

Par Mathilde Jadaud · · 5 min de lecture

Hello & bienvenue ici ! Dans cette édition, je parle de bande dessinée, de leadership et de storytelling. Sortez vos carnets, on est parti !


Au programme de cet article

  • Le secret du leader
  • Maîtriser son arc narratif
  • Exercice de la Carte Narrative

Le secret du leader

Quand on aborde le sujet du storytelling en coaching, je commence par proposer cet exercice : la “Carte Narrative”.

Je demande à la personne de faire 3 colonnes avec 3 temporalités différentes. Puis, dans chaque colonne, de lister 10 événements qui l’ont marqué.

Cet exercice est parfois difficile pour mes coaché·es, parce qu’il les confronte à plusieurs problématiques :

  • La sensation de n’avoir rien à raconter
  • La difficulté de trouver des expériences marquantes même sur des temps courts
  • Le réflexe de minimiser (“oui j’ai fait ça, mais c’est pas si important…”)

Cet exercice simple en apparence met en évidence la différence entre un exécutant et un leader d’opinion.

L’un va savoir mobiliser ses histoires pour rendre son discours plus impactant et pas l’autre.

Maîtriser son arc narratif

La différence entre l’exécutant et le leader d’opinion, c’est la maîtrise de son arc narratif.

Depuis 10 ans, je vis loin de ma famille. Aussi, depuis 10 ans, je crée des bandes dessinées pour raconter à mes proches les choses qui me sont arrivées dans l’année. Depuis quelques années, je veux que ces BD soient de vrais moments de lecture et je les partage maintenant à un plus grand nombre de personnes.

C’est ce qui m’a amené à creuser le sujet du storytelling et comprendre ce qui se cachait derrière les bonnes histoires.

Faire du “storytelling” c’est transformer une suite d’événements indépendants en arc narratif cohérent.

Avez-vous déjà lu un livre de non-fiction (surtout ceux écrits par des américains) ?

Je pense à Seth Godin, Dale Carnegie, etc. Tous fonctionnent ainsi. Pour illustrer une idée, ils commencent par raconter une anecdote.

Parce que l’anecdote va permettre 2 choses :

  1. La crédibilité. Au lieu de donner simplement la conclusion, ils vont montrer comment ils en sont arrivés à cette conclusion, et avec quelle histoire. On trouvera donc cette conclusion plus crédible.
  2. La mémorisation. L’histoire va favoriser la mémorisation par les images et les émotions qu’elle va mobiliser. C’est le principe du scratch qui permet d’ancrer dans la mémoire.

Voici l’exercice que je fais systématiquement quand je commence une nouvelle BD ou quand on travaille sur le storytelling en coaching.

Exercice de la Carte Narrative

Reprenons notre exercice du début. Commencez par choisir une colonne que vous avez remplie.

Ensuite, créez 2 axes : émotions et temporalité. Et placez vos événements sur ces deux axes. C’est votre Carte Narrative.

Par exemple, dans mon cas, mon année passée pourrait ressembler à cela :

Cet exercice est passionnant parce qu’il va vous montrer visuellement quelles histoires ont provoqué le plus d’émotions. Ce sont les histoires avec le plus d’intensité émotionnelle qui toucheront le plus vos lecteur·ices.

Il y a 2 règles qui me guident quand je cherche quelles histoires raconter.

Règle n°1 : “c’est dans l’intime que se cache l’universel”.

La première fois que j’ai entendu cette phrase, c’était Marion Seclin qui racontait comment elle écrivait ses histoires.

Et j’ai eu l’impression de comprendre un grand secret.

C’est quand vous raconterez vraiment ce qui vous touche que les autres viendront connecter avec vous. On pense que l’on est unique à ressentir certaines choses, mais l’expérience humaine est souvent plus universelle qu’on ne le croit.

C’est mon expérience décevante au Salon SME à paris qui m’a inspiré l’un de mes carrousels qui a généré le plus de conversation. Et qui m’a aussi permis de trouver une manière bien parlante d’expliquer mon métier.

Règle n°2 : on ne partage que ce que l’on a digéré.

Dans ma dernière BD, je parle de mon rapport à mon corps.

C’est la première fois que j’en parle cette année, parce que j’ai beaucoup apaisé cette relation.

C’est le passage le plus intime de cette BD. Mais ce qui est fascinant, c’est que c’est le passage qui a résonné avec les personnes qui ont lu la BD. C’est celui dont on me parle aujourd’hui.

Vous ne partagerez pas tout, bien sûr.

L’histoire de C.

Un jour, une coachée qui bosse dans la communication responsable m’a raconté qu’elle avait, des années plus tôt, fait du greenwashing déguisé pour son employeur.

Elle en avait honte.

Depuis, en freelance, elle refusait tout net de “faire du marketing” pour parler de son engagement de peur de retomber dans ce greenwashing.

Quand elle me l’a raconté j’ai su qu’il y avait quelque chose d’important à en faire. Car cette histoire vient toucher à la pureté militante, à l’injonction à être parfaite, mais aussi à l’apprentissage et la capacité de changer. Des choses dans lesquelles la cible idéale de ma cliente pouvait se reconnaitre.

Aujourd’hui, raconter cette histoire sur ses réseaux et dans ses rencontres, c’est ce qui la rend crédible auprès de ses client·es qui cherchent de la sincérité dans l‘engagement, pas de la perfection.


Conclusion

Souvent, mes coaché·es me disent : “je ne sais pas comment parler de moi sans avoir l’impression de me vendre”.

Les histoires servent à cela.

Maitriser son arc narratif ce n’est pas qu’une compétence d’écrivain. C’est une posture qui va vous permettre de gagner en crédibilité et permettre de connecter avec les personnes qui vous lisent.

Quand on raconte une histoire, on ne se vend pas, on se rend vulnérable auprès de l’autre pour mieux connecter. On ne dit pas ce que l’on sait mais on montre comment on l’a appris.

Les meilleurs leaders d’opinion ne sont pas des personnes à qui il est arrivé des choses incroyables (pas toujours). Mais ce sont toujours des gens qui savent trouver la bonne histoire dans leurs expériences, celle qui provoque une émotion et qui savent comment l’utiliser pour démontrer, convaincre ou connecter.

C’est la fin de l’édition du jour !

À très vite !

Mathilde 🍋

PS : Je suis en pleine réflexion sur le partage de mes BD en public. Est-ce que vous aimeriez les lire ici ? Je suis preneuse de votre avis.

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